AU stade Berthelot, même les poteaux ne tenaient plus debout. Rouillés, ils ont fini par s'écrouler en début de saison, obligeant le XV bleu et or à disputer la plupart de ses matchs à l'extérieur.
La guigne. Un coup dur de plus en somme, à l'image de la longue descente aux enfers, qui en l'espace d'une dizaine d'années, a conduit le club à abandonner les sunlights de la division Honneur pour l'anonymat de la 4e série. « On ne pouvait pas tomber plus bas, relativise le président Philippe Bonnin. Beaucoup de joueurs nous ont quittés à cause de leur boulot, ou même pour aller évoluer en Belgique. Et à un moment donné, on n'a plus été en mesure de rivaliser ».
Les « vieux » sur le pont
Bien que sonné, l'USAG XV n'a finalement mis qu'un genou à terre. « Grâce à des gars comme Damien Oger et Aurélien Daniel, il y a toujours eu un petit groupe de 10-12 joueurs à l'entraînement », se souvient le président. Histoire, surtout, d'entretenir quelques braises d'espoir…
L'inoxydable Jean-Jacques Métillon _au club depuis déjà trente saisons_ s'est ensuite chargé de raviver la flamme. C'était il y a tout juste un an et demi, maintenant. « Je suis allé frapper à la porte de tous les anciens pour qu'ils viennent m'aider à reconstruire une équipe », explique-t-il. Bingo ! Bernard Talamoni (47 ans), Thomas Lambert (43 ans) et Jérôme Frondrieschi (41 ans) ont rechaussé les crampons avec succès.
Après une première saison difficile, le XV bleu et or a atteint cette année la finale du Comité des Flandres. L'équipe a même cru une mi-temps pouvoir rafler le bouclier (avant de perdre 10-29 contre Saint-Quentin). Un résultat inespéré. Enfin, pas pour tout le monde : « Dès le début de la saison, j'ai dit aux gars qu'ils avaient les moyens de faire quelque chose, rappelle Jean-Jacques Métillon. Je savais qu'en travaillant dur, ils pouvaient aller chercher une finale. » Mission accomplie !
Au fil des matchs, un équilibre a su être trouvé entre les jeunes joueurs et les « anciens » plus expérimentés. « Il y a vraiment une bonne ambiance dans le groupe, confirme Philippe Bonnin. Et ça s'est d'ailleurs immédiatement ressenti sur le terrain. » Du coup, les spectateurs ont peu à peu repris le chemin du stade. Dimanche, ils étaient encore près d'une quarantaine à s'être levés aux aurores pour rallier Laon, théâtre de la fameuse finale. Un succès.
Reste maintenant à transformer l'essai : « On veut à nouveau faire parler de l'USAG, insiste Jean-Jacques Métillon. Pour cela, on vise la montée en première série dans les trois ans » Ambitieux, « mais pas irréalisable, conclut le président Bonnin. On a la chance de disposer d'installations qui ne dépareilleraient pas au niveau national. Alors, à nous d'en profiter ! » Notamment de ce joli terrain et de ses poteaux… tout neufs. À l'image d'un club aujourd'hui en plein renouveau.